Témoignages de patients
Élodie
Aucun bronzage ne valait ce que j’ai perdu : mon histoire avec le mélanome à 30 ans
J’ai entendu le mot « mélanome » à 30 ans, et tout a basculé. Enfant, je passais mes étés en Espagne. Comme je suis rousse, j’étais souvent la seule à me baigner en t-shirt. J’attrapais facilement des coups de soleil. Je le savais bien. Mais malgré tout, je voulais moi aussi avoir ce que les autres avaient : un teint bronzé.
À l’adolescence, lorsque j’ai déménagé au Canada, j’ai commencé à utiliser des lits de bronzage. Pas pour attraper un coup de soleil – juste ce qu’il faut, me disais-je, pour « préparer » ma peau pour l’été –, mais on ne peut pas vraiment préparer sa peau aux dommages causés par le soleil. C’est une leçon que j’ai apprise à mes dépens.
J’ai perdu la moitié d’une oreille.
Au début, je ne me suis même pas rendu compte que quelque chose n’allait pas. Je pensais simplement m’être brûlé la peau avec un fer à friser. Mais ma mère n’arrêtait pas de me poser des questions : ça ne ressemblait pas à une brûlure normale. Ça changeait sans cesse de couleur, passant du rose au violet, sans jamais guérir complètement.
À l’époque, j’étais une jeune maman de deux enfants de moins de cinq ans. La vie allait à cent à l’heure et, honnêtement, aller chez le médecin ne me semblait tout simplement pas une priorité.
Un jour, mes deux enfants étaient malades et toussaient, alors ma mère m’a convaincue – ou plutôt, elle m’a un peu piégée – d’aller chez le médecin. Elle nous avait pris un rendez-vous à tous les trois. Cette visite a finalement changé le cours de ma vie.
Environ deux mois plus tard, j’ai reçu un appel d’une dermatologue. Lorsqu’elle a vu la tache, elle m’a dit que ce n’était peut-être rien… ou que ça pouvait être quelque chose de très grave. Elle a dit que c’était une chance sur deux.
Tout s’est enchaîné très vite après ça. À peine trois jours plus tard, j’ai reçu l’appel : c’était un mélanome.
J’ai dû passer des examens de médecine nucléaire pour vérifier si le cancer s’était propagé jusqu’aux ganglions sentinelles. Heureusement, le mélanome a été détecté à un stade 1. Les médecins ont envisagé de retirer un ganglion dans mon cou, mais il était situé trop près du nerf facial. Le risque de paralyser une partie de mon visage était trop élevé, alors ils ont décidé de ne pas procéder à l’intervention. Ils ont préféré me faire suivre de près et régulièrement pour surveiller la zone.
Au final, j’ai eu une chance incroyable. L’opération a suffi : je n’ai pas eu besoin d’autre traitement.
Avec le recul, aucune de ces séances de bronzage n’en a valu la peine. Pas une seule.
Ce qui est le plus difficile à expliquer, c’est ce sentiment de perdre le contrôle. J’ai toujours été quelqu’un qui prend soin de moi : activité physique, bien-être, discipline. On fait tout « comme il faut », et pourtant… ça arrive quand même.
Aujourd’hui, je suis plus consciente – plus déterminée – et je prends la parole d’une façon que je ne faisais pas auparavant. Je parle de protection solaire. Je remets en question l’idée qu’être bronzé est synonyme de santé ou de beauté, parce que moi aussi, j’y ai déjà cru.
S’il y a une chose que je voudrais que les gens comprennent, c’est bien celle-ci : les dommages causés par le soleil se moquent bien de votre état de santé général, et les habitudes que vous croyez inoffensives peuvent entraîner des conséquences à long terme.
Cela fait désormais partie de mon histoire, mais c’est aussi la raison pour laquelle je prends la parole. Parce qu’aucun bronzage ne vaut ce que j’ai perdu.
Trouvez un dermatologue près de chez vous
Accès à une liste de cliniques offrant des services rapidement accessibles, de cliniques de cartographie des grains de beauté et d'autres spécialistes du cancer de la peau au Canada. Des ressources supplémentaires de l'Association canadienne de dermatologie sont fournies.
recherche