Lauren Calicchia 

Qu’est-ce que le mélanome? 

Le mélanome est un type de cancer de la peau qui prend naissance dans les mélanocytes. Ce sont les cellules qui produisent la pigmentation de la peau [1]. Il apparaît fréquemment sous la forme d’un nouveau grain de beauté ou d’un changement dans un grain de beauté existant et, lorsqu’il est détecté rapidement, il se traite très bien. Néanmoins, le mélanome peut mettre la vie en danger s’il se propage, d’où l’importance de la prévention et du dépistage précoce pour la santé et le bien-être [2]. 

Un regard différent sur le risque de mélanome au Canada 

De nombreuses personnes croient à tort que leur risque de mélanome est plus élevé dans les régions les plus ensoleillées et les plus chaudes du Canada. Pourtant, la réalité est tout autre : des régions plus nuageuses affichent elles aussi des taux élevés de mélanome. Cela s’explique par le fait que l’exposition aux rayons UV demeure un facteur de risque, indépendamment du nombre de journées ensoleillées, et concerne ainsi l’ensemble des régions du Canada [3]. 

Cet article se penchera sur les statistiques provinciales relatives au mélanome, les liens entre la géographie et les facteurs de risque, certaines idées reçues à propos du mélanome, ainsi que les raisons de l’augmentation des cancers de la peau. 

Le mélanome au Canada : tendances provinciales 

Le taux d’incidence correspond au nombre de nouveaux cas de mélanome diagnostiqués chaque année. À l’échelle du Canada, on observe des variations notables d’une province à l’autre, qui ne correspondent pas toujours à ce que l’on pourrait anticiper. 

Données tirées du Tableau de bord des Statistiques canadiennes sur le cancer (TBSCC) [4]

Bien que certains des taux les plus élevés soient observés dans des provinces comme la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard, le mélanome ne se limite pas aux régions traditionnellement « ensoleillées ». Même les régions au climat plus frais ou plus nuageux présentent des taux élevés de cancer de la peau. Cela remet en question l’idée selon laquelle les régions moins ensoleillées comportent automatiquement un risque moindre, puisque les taux de mélanome demeurent élevés dans l’ensemble des régions. 

  

Zones géographiques : pourquoi « moins de soleil » ne signifie pas moins de risques 

À première vue, il peut sembler logique que les provinces moins ensoleillées présentent des taux de mélanome plus faibles. Pourtant, plusieurs facteurs expliquent pourquoi ce n’est pas le cas : 

  

  1. L’exposition intermittente à des rayons UV intenses: même si les Canadiens sont globalement moins exposés au soleil que les habitants d’autres pays, ils connaissent souvent de courtes périodes d’exposition à des rayons UV de forte intensité pendant l’été et les vacances. Ces expositions intermittentes, bien que de courte durée, contribuent au risque global de mélanome [5]. 
  1. Les activités de plein air :de nombreux Canadiens pratiquent des activités de plein air comme le ski en hiver, ainsi que le nautisme, la randonnée et les sorties extérieures en été. Même par temps frais, ces activités peuvent entraîner une exposition prolongée aux rayons UV, ce qui augmente considérablement le risque de développer un mélanome [6]. 
  1. Les régions en altitude :Les régions du Canada situées en haute altitude, comme la Colombie-Britannique, sont exposées à un rayonnement UV plus intense. Cela s’explique par une couche atmosphérique plus mince en altitude, ce qui expose lespersonnes qui y vivent à un risque accru de dommages causés par les UV, comparativement à d’autres régions du Canada [6]. 
  1. La réflexion :les surfaces telles que la neige et l’eau réfléchissent les rayons UV, ce qui augmente l’exposition totale. Par exemple, la neige peut réfléchir jusqu’à 80 % des rayons UV, ce qui signifie que l’exposition à ces rayons se produit même en hiver. [6]
Le risque caché : l’exposition aux UV, avec ou sans soleil 

L’une des idées reçues les plus répandues concernant le risque de mélanome est que les rayons UV ne sont nocifs que lors des journées chaudes et ensoleillées. Or, ce n’est pas le cas. En réalité, jusqu’à 80 % des rayons UV peuvent traverser les nuages, le brouillard et la brume, ce qui peut entraîner une exposition continue, même lorsque les gens ne le perçoivent pas comme un risque [7]. Selon l’Organisation mondiale de la santé, environ 85 % des nouveaux cas de mélanome sont liés au rayonnement UV [8]. Autrement dit, dès qu’il fait jour, il y a exposition aux UV, quel que soit le degré d’ensoleillement. 

Il existe un décalage manifeste entre la perception qu’ont les gens du risque de mélanome et la manière dont ce risque se concrétise réellement et influence les comportements individuels. Parmi les idées reçues, on peut mentionner : 

« Je n’ai pas besoin de crème solaire s’il fait nuageux. »           « Le Canada n’est pas exposé a des rayons UV intenses. »           « La protection solaire, c’est seulement important en été. » 

  

Ces idées reçues peuvent entraîner des comportements de protection solaire irréguliers, une exposition cumulative aux rayons UV et des dommages cutanés au fil du temps, contribuant ainsi de manière significative au risque de mélanome au cours de la vie. 

  

Pourquoi les taux de mélanome continuent-ils d’augmenter au Canada? 

Malgré une sensibilisation accrue, les taux de mélanome au Canada continuent d’augmenter. Plusieurs facteurs contribuent à cette tendance : 

  1. Les habitudes comportementales : l’exposition intermittente au soleil – comme l’exposition directe en été, le bronzage en vacances et les activités de plein air mentionnées précédemment – est très répandue et associée au mélanome [6].  
  1. Le vieillissement de la population : à mesure que la population canadienne vieillit, le risque de mélanome augmente également. Cette hausse s’explique en partie par l’exposition cumulative aux rayons UV, qui entraîne des dommages progressifs au fil du temps [7]. 
  1. L’amélioration du dépistage :l’augmentation de la sensibilisation au mélanome et à ses risques s’accompagne d’un recours accru au dépistage, favorisant une détection plus fréquente et contribuant ainsi à la hausse des cas au Canada [9].
Ce que cela signifie pour la prévention 

Au Canada, le risque de mélanome ne dépend pas uniquement de la situation géographique ou du climat. Même dans les régions plus froides ou plus nuageuses, l’exposition aux rayons UV demeure un risque important et constant. Pour réduire les taux de mélanome, nous devons changer notre façon de penser : au lieu de nous concentrer sur la sensation de chaleur ou d’ensoleillement, nous devons nous intéresser à la quantité de rayons UV à laquelle notre peau est exposée. Vous devriez protéger votre peau tous les jours en utilisant un écran solaire à large spectre (FPS 30 ou plus), en portant des vêtements protecteurs et en recherchant l’ombre. Ces mesures sont importantes dans toutes les provinces, tout au long de l’année. 

 


Sources : 

  1. https://cancer.ca/fr/cancer-information/cancer-types/melanoma-skin/what-is-melanoma 
  2. https://dermatologue.ca/patients-et-grand-public/maladies-et-affections/cancer-de-la-peau/le-melanome/ 
  3. https://cancer.ca/fr/cancer-information/reduce-your-risk/be-sun-safe/enjoy-the-sun-safely 
  4. https://cancerstats.ca/Incidence/Region 
  5. https://www.canada.ca/fr/sante-publique/services/rapports-publications/promotion-sante-prevention-maladies-chroniques-canada-recherche-politiques-pratiques/vol-29-no-1-2008/supplement/rayonnement-ultraviolet.html 
  6. https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/securite-et-risque-pour-sante/radiation/categories-sources/ultraviolet.html 
  7. https://melanomacanada.ca/fr/sun-safety/ 
  8. https://gco.iarc.who.int/causes/uv/home 
  9. https://cancerstats.ca/Incidence/Age