Comprendre pourquoi il existe différents types de mélanome

Ce n’est pas si simple

Quand je pense au cancer, je n’ai généralement en tête qu’un seul type de cancer : le cancer du poumon, le cancer de la vessie ou le cancer du sang. Pourtant, la réalité est rarement aussi simple. Bien souvent, pour simplifier les choses, nous regroupons différents types de maladies sous le nom de l’organe qu’elles touchent. Cette façon de faire facilite la compréhension, mais elle peut parfois donner une vision trop simpliste d’un sujet complexe. Prenons l’exemple du mélanome. Le mélanome est un type de cancer de la peau qui prend naissance dans un type précis de cellules appelées mélanocytes. Les mélanocytes sont les cellules responsables de la production de mélanine, le pigment qui donne sa couleur à la peau. Fait intéressant, le mélanome est l’un des rares cancers dont le nombre de nouveaux cas continue d’augmenter. En effet, chaque année, l’incidence de certains cancers diminue, alors que celle du mélanome poursuit sa progression. Alors, puisqu’on parle d’un cancer aussi courant, souvent appelé simplement « mélanome », et qui prend naissance dans un seul type de cellules, on pourrait penser qu’il n’existe qu’un seul type de mélanome. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple…


Les multiples formes de mélanome

Même si tous les mélanomes prennent naissance dans un seul type de cellules, il en existe plusieurs formes. Les quatre formes les plus fréquentes sont, de la plus fréquente à la plus rare, le mélanome superficiel extensif, le mélanome nodulaire, le lentigo malin et le mélanome lentigineux acral. Bon, ça fait beaucoup de termes compliqués et de noms qui prêtent à confusion. Alors, qu’est-ce qui les distingue concrètement? Les principaux éléments qui permettent de distinguer les mélanomes les uns des autres sont leurs principaux facteurs de risque, leur comportement biologique et leur localisation.

Le facteur de risque est le plus simple à cerner.

Pour trois des quatre formes courantes de mélanome, le principal facteur de risque est l’exposition aux rayons ultraviolets (UV). La seule exception est le mélanome lentigineux acral.

Dans le cas du mélanome lentigineux acral, les principaux facteurs de risque sont les prédispositions génétiques et les contraintes physiques exercées sur les tissus. C’est pourquoi ces mélanomes apparaissent généralement sur les mains et les pieds, des parties du corps constamment sollicitées lorsque l’on marche, se tient debout ou utilise ses mains.

Pour distinguer les autres types de mélanome, le critère le plus évident est leur comportement biologique, qui se reflète souvent dans leur nom. Le mélanome à extension superficielle se développe principalement à la surface de la peau, où il s’étend progressivement avant de commencer à s’enfoncer dans les couches plus profondes de la peau. Le mélanome nodulaire est généralement celui qui évolue le plus rapidement. Il a tendance à se développer vers le haut, formant une bosse surélevée. C’est ce qui lui donne cette forme de « nodule », comme son nom l’indique. Le mélanome de type lentigo malin évolue plus lentement. Il apparaît souvent sur une peau endommagée par le soleil et commence par s’étendre à la surface avant de se développer plus profondément dans la peau.


Mais pourquoi?

C’est là que les choses se compliquent un peu. Il existe plusieurs types de mélanome qui prennent naissance dans un seul type de cellules, et plusieurs d’entre eux partagent le même principal facteur de risque. Pourtant, ils n’ont pas le même aspect, n’évoluent pas de la même façon et ne présentent pas le même degré d’agressivité. Comment est-ce possible? Cela s’explique probablement par les mutations propres à chaque type de mélanome et par leur nombre. En effet, les rayons ultraviolets (UV) augmentent le risque de cancer en endommageant notre ADN. Lorsque ces dommages touchent des gènes essentiels, c’est-à-dire ceux qui régulent le fonctionnement de nos cellules et contribuent à leur bonne santé, les cellules peuvent rapidement échapper à tout contrôle. Cela entraîne une division incontrôlée des cellules, la survie de cellules anormales et d’autres caractéristiques propres au cancer. Mais tous les gènes ne jouent pas le même rôle. De nombreux gènes régulent différents aspects du fonctionnement de la cellule. Ainsi, des dommages touchant différents gènes, ou des dommages plus nombreux peuvent modifier considérablement le comportement d’une cellule.

Si l’on s’intéresse plus précisément au mélanome à extension superficielle et au mélanome nodulaire, qui représentent ensemble 90 % des cas de mélanome, la différence devient plus évidente. Il s’avère que plusieurs des mêmes gènes présentent des mutations dans les deux types de mélanome.

Mais en y regardant d’un peu plus près, on constate qu’en moyenne, le mélanome nodulaire présente un plus grand nombre de mutations.

Autrement dit, un plus grand nombre de gènes perdent leur fonction, ce qui fait que la cellule perd progressivement sa capacité à se réguler. L’accumulation de mutations dans ces gènes essentiels explique probablement pourquoi le mélanome nodulaire se développe plus rapidement et évolue différemment.

J’aime comparer cela à un livre de règles : un ensemble de consignes importantes qui assurent la protection et le bon fonctionnement de la cellule. Sans ces règles, la cellule échappe à tout contrôle. Dans le cas du mélanome à extension superficielle et du mélanome nodulaire, certaines des mêmes pages ont été arrachées. Toutefois, dans le mélanome nodulaire, c’est tout un chapitre supplémentaire qui manque, ce qui accentue la perte de contrôle et le dérèglement de la cellule.

Bien sûr, la réalité est plus nuancée, notamment en ce qui concerne les gènes touchés et l’ordre dans lequel les mutations surviennent. Il s’agit toutefois d’un facteur déterminant qui explique les différences entre les types de mélanome, même si tous prennent naissance dans le même type de cellules et présentent le même principal facteur de risque.


Le cancer est un sujet complexe. Il est souvent si complexe que, lorsque nous parlons d’un seul type de cancer, nous regroupons en fait plusieurs maladies sous un même terme. Prenons l’exemple du mélanome. Quand je pensais au cancer de la peau, je ne réalisais pas qu’il en existait plusieurs types, chacun prenant naissance dans un type de cellules différent. Pourtant, même des cancers qui prennent naissance dans un même type de cellules peuvent avoir une évolution, une apparence et un degré d’agressivité différents. Le mélanome, dont l’incidence ne cesse d’augmenter, est un excellent exemple de cette complexité.

Même si tous les types de mélanome prennent naissance dans les mélanocytes et partagent les mêmes principaux facteurs de risque, chacun possède ses propres caractéristiques. Certains évoluent plus rapidement, d’autres s’étendent latéralement plutôt qu’en hauteur ou en profondeur, certains sont plus foncés et d’autres apparaissent uniquement à certains endroits du corps. Pour comprendre pourquoi des cellules ayant une origine si semblable peuvent donner naissance à des cancers aussi différents, il faut s’intéresser à leur génétique et aux mécanismes qui sont à l’origine de ces différences. Différentes sources de dommages à l’ADN, notamment les rayons ultraviolets (UV) et les mutations héréditaires, peuvent entraîner la perte de gènes essentiels à la régulation des cellules.


Trouver du soutien

Un diagnostic de mélanome peut soulever de nombreuses questions et susciter une foule d’émotions, non seulement chez les personnes atteintes, mais aussi chez leur famille et leurs proches aidants. Vous n’avez pas à traverser cette épreuve seul.

Mélanome Canada offre une vaste gamme de services de soutien gratuits et de ressources éducatives pour vous aider à chaque étape de votre parcours. Que vous veniez de recevoir un diagnostic, que vous suiviez un traitement, que vous soyez atteint d’un mélanome à un stade avancé ou que vous accompagniez un proche, notre équipe est là pour vous offrir des informations fiables, un soutien bienveillant et l’occasion d’échanger avec des personnes qui comprennent ce que vous vivez.

Nos services gratuits comprennent des groupes de soutien pour les personnes atteintes et les proches aidants, un accompagnement individuel, des vidéos et des webinaires éducatifs, du soutien entre pairs ainsi que l’accès à des ressources fiables.

Si vous ou l’un de vos proches avez besoin de soutien, nous sommes là pour vous aider. Communiquez avec nous au 1 877 560-8035, écrivez-nous à support@melanomacanada.ca ou visitez https://melanomacanada.ca/fr/support-and-resources/ pour en savoir plus sur nos services de soutien.


À propos de l’auteur :

Noah est chercheur en oncologie et étudiant aux cycles supérieurs à l’Université de l’Alberta, où il mène des recherches sur le cancer. Des années de frustration à essayer de comprendre cette maladie l’ont amené à créer l’infolettre ONCO-logical, qui explique simplement des notions complexes de biologie du cancer. Noah a à cœur de rendre les connaissances sur le cancer aussi accessibles que possible, parce que vivre avec le cancer est déjà suffisamment difficile. ONCO-logical

 

 



Références

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2. Types de mélanome | Société canadienne du cancer. (s.d.). Extrait le 14 juillet 2026, de https://cancer.ca/fr/cancer-information/cancer-types/melanoma-skin/what-is-melanoma/types-of-melanoma

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4. Sini, M. C., Polesel, J., Simi, S., Manca, A., Cossu, A., Maestrale, G. B., Massi, D., Palmieri, G., Pizzichetta, M. A., Falduto, M., Moretti, G., Cerati, M. P., Lombardo, M., Sulfaro, S., Corradin, M. T., Pasquini, P., Astorino, S., Canzonieri, V. et Pinzani, C. (2026). Mutation rates in main tumour driver genes predict prognosis in patients with superficial spreading or nodular primary melanoma: results from the CARAMEL study by the Italian Melanoma Intergroup (IMI). Experimental Hematology & Oncology, 15 (1), 17. https://doi.org/10.1186/S40164-026-00750-Y